06 julho 2011

Une nuit pluvieuse*

Par la fenêtre frappée par la pluie qui tombait en dehors du Café, je regardais les passants liquéfié et embués, les ombres fumées des arbres dans le parc, un Acheron d’ombres déformées.

Tout cela, je voyais, au moins c'est ce que mes yeux me montraient. Alors, que j’étais assis là, à ce tableau à droite, caché, je buvais un espresso, amer. Mais que, par rapport à l’attente qui grandissait d’une façon effrénée sur ce tableau-là, l’espresso était doux. L'attente me rongeait.

Chaque sonner de la porte quand elle était ouverte, ou même fermée, les yeux formés par l'habitude se tournaient à la direction de l'entrée et toujours l'adrénaline était remplacée par la frustration.

La frustration aussi grandissante, comme l’attente. De la même façon, l'éclairage de l’ambiance devenait chaque minute de plus en plus sombre, lorsque le jour se transformait en soirée et la soirée en une nuit, d’un jour de pluie.

Il n’y avait aucune nouvelle de qu’il venait, on ne pourrait même pas dire que tu existais vraiment, car je commençais à penser que c'était seulement une diablerie dans mon esprit. « Du bist die Frucht meiner ergiebiger Phantasie, mein Liebe, don’t you ? »

Ou peut-être c’était moi l’imaginé, puisque personne ne semblait y s'apercevoir de ma présence, même lorsque les portes du café ont été fermés. Personne ne m'a demandé de quitter, mais moi, toujours sage, je me suis levé et j'ai marché jusqu'à la rue, au froid, à la pluie, à mon cœur.

J'ai erré à travers la ville, les ruelles sombres et les rues désertes, plein de toi et moi. Puis, comme si réveillé d'un rêve, je suis en face d'un balcon. Il y a un chat, tout simplement, sur une chaise.

Il me vient, tourne autour de moi et s’en va, mais pas avant que je lui jette un regard malicieux que je n’ai pas su bien jouer, ça, s’il y avait quelque chose à comprendre.

Je suis entré et, au deuxième étage de la maison, je suis arrivé à la salle. En entrant, je me suis vu couché au lit, endormi bercée par la pluie qui lavait le monde extérieur.

*

De la fenêtre du salon, je voyais les nuages noirs tourbillonnant dans le ciel et des vagues blanches dans la mer ragée en dessous. De la fenêtre de cette cabane, où je restais, je sentais la hâte du vent humide sur mes bras et cou nus.

La tempête qui venait ne me privait pas de mes espoirs, au contraire, elle me faisait être sûre de la vie qui coulait à travers mon corps, tout mon ventre était déjà légèrement accentué.

Je l’attendais. Même en sachant qu'il ne retournerait jamais, au moins pas comme je l’avais connu. Il serait de retour, réincarné dans cet enfant qui me ferait grandir en moi-même, de sorte que débordait dans une chair nouvelle, une nouvelle vie.

*

Là, couché, sous la pluie qui avait décidé de se présenter, en criant, suppliant un peu de reconnaissance et d'attention, je commençais à me demander ce que c'était mes espoirs, cette faute à moi ? Toujours si poignante, si éternelle, comme le créateur lui-même, celui qui précédait tout et que, même tout près de la fin, ma fin, restera indemne, impénétrable, peut-être, pour toute l’éternité de moi.

Moi, là levé. Moi, là assis. Deux de moi. Moi, en même temps que ce n’était pas moi, en me voyant comme si c’était un autre. Un autre si différent qu’on pourrait, en fait, être des personnes différentes, d'âges différents, des histoires de vies singulières et en même temps, une extension temporelle de l'autre, un flux continu psychologique.

La douleur de la pluie sur moi ou la douleur qui me provoquait la pluie continuait, tandis que je me perdais en me voyant perdu dans un ciel orageux de draps en coton blanc chinois.

*

De la fenêtre où je voyais l'orage qui approchait, j’ai également vu la figure d'un homme dans la quarantaine, en regardant un jeune garçon de sa vingtaine d'années, couché dans une mer de draps, sous une nuit de fortes pluies. Deux morceaux de quelque chose qui était autrefois moi-même. Deux pièces en attente de devenir l'un à nouveau.

*

La pluie qu’on voyait montrait à travers la vitre pleureuse de la fenêtre de cette chambre, où le garçon dormait, les bras et le cou nus d'une femme qui attend, attend que la vie explose dans une tempête de vie sur la mer.




*Texto selecionado a compor a Antologia do 2º Prêmio PROEX de Literatura da UFPA (2011). Traduction à la langue française par: Jorge Lemos (2011). Uma noite de chuva

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